Varvara - Piano

Soler : Fandango
Haydn : Sonate n°32 en sol mineur Hob. XVI. 44
Haydn : Sonate n°54 en sol majeur Hob. XVI. 40
Mozart : Mozart : Fantaisie en ut mineur K. 396
Beethoven : Sonate n°32 en ut mineur opus 111
Varvara

L'artiste

Varvara - Piano

Pianiste internationalement reconnue, Varvara est née à Moscou. Elle s'est formée à l'académie russe de musique Gnessine et a poursuivi ses études au conservatoire Tchaikoski avec Mikhail Voskressensky. Lauréate du concours Bach de Liejpzig en 2006 puis du Concours Géza Anda de Zurich en 2012, elle interprète un vaste répertoire embrassant toutes les périodes et tous les styles en soliste ou au sein des orchestres les plus renommés.

Elle a récemment fait paraitre deux albums Haëndel et Mozart couronnés de succès.

Varvara a enchanté le Festival de la Grange de Meslay il y a 2 ans. C'est un grand plaisir de la retrouver cette année en concert d'ouverture !

 

Les oeuvres

Soler : Fandango

Padre Soler (1729-1783) religieux, compositeur, organiste et claveciniste
espagnol a composé dans des formes différentes. Il a composé plus de 100 sonates pour clavier inspirées par Scarlatti qui fut un temps son professeur et en a composé 555. Aujourd’hui on admire surtout son Fandango, vraie pièce de bravoure sur un ostinato, formule musicale au caractère répétitif.
Le fandango est un air espagnol, rythmé qui se décline sous des formes musicales, instrumentales, vocales et dansées.
Cet ostinato est souple et harmonieux : une série de douze notes appelée basse d’Alberti nous entraîne dans un tourbillon de virtuosité et également des formules rythmiques, des dissonances savoureuses qui traversent tout le clavier.

Haydn : Sonate n°32 en sol mineur Hob. XVI. 44

On dit souvent de Joseph Haydn (1732-1809) qu’il est le père de la symphonie. Il faut admettre qu’il en composa 104, ce qui impressionne même s’il a vécu deux fois plus longtemps que Mozart. N’oublions pas ses nombreux quatuors, trios, opéras et ses soixante-deux sonates pour piano.
Pour enrichir l’expressivité de ses compositions il a choisi le pianoforte qui offre davantage de souplesse que le clavecin.
Il compose cette sonate entre 1771 et 1773 :
Un moderato sensible et avec un brin de mélancolie qui au travers du
développement nous conduit au sommet d’une grande expressivité
comparable à une improvisation.
L’Allegretto se présente comme un menuet en variations très ornemental.

Haydn : Sonate n°54 en sol majeur Hob. XVI. 40

Écrite en 1784, cette oeuvre est la première des trois sonates dédiées à la Princesse Maris Estherhazy
* Allegretto innocente
Tout à la fois rondo et thème à variations dont l’écriture est subtile, délicate dans un style assez moderne : un ensemble de variations passant du majeur au mineur, la mélodie est pastorale, vivante, avec des accents décalés où les contrastes sont très présents.
* Presto
Construction en 2 sections où, l’humour voire l’espièglerie s’imposent. Le passage plus dramatique n’empêche pas l’espièglerie de triompher, ainsi la conclusion répond en écho, trois octaves plus bas, à une note jouée dans l’aigu.

Mozart : Mozart : Fantaisie en ut mineur K. 396

Cette pièce permet d’imaginer Mozart installé devant son pianoforte qui se lance dans une improvisation dont il avait le secret.
Cette fantaisie composée vraisemblablement entre 1782 et 1784 développe de grandes envolées en arpèges et gammes qui lancent un appel déchirant voire angoissé. Puis une série de modulations nous conduisent vers une explosion portée à son paroxysme par les sextolets de la main droite.
L’oeuvre aurait été achevée par l’abbé Stadtler avec une conclusion en ut majeur.

Beethoven : Sonate n°32 en ut mineur opus 111

Composée en même temps que la trente et unième, la sonate opus 111 est la dernière d’une série commencée 25 ans plus tôt, elle comporte 2 mouvements.
Lorsqu’on lui demandait pourquoi il n’avait pas écrit un troisième
mouvement, il répondait avec malice qu’il avait manqué de temps, ce qui bien entendu était faux. Il avait dit en deux mouvements, tout comme Schubert dans sa symphonie inachevée ce qu’il ressentait profondément. Cette sonate joue sur les contrastes avec la volonté affirmée dans le premier mouvement et le recueillement dans l’élévation de l’âme dans l’arietta.
Aux gammes trépidantes, ou arpèges brisés de l’allegro, répondent les
variations de l’arietta, dans un mouvement statique en majeur par rapport au do mineur du premier mouvement. Une variation essaie à un moment de quitter la méditation, on peut parler d’une prière que Beethoven adresse au monde des vivants et dont la conclusion impose le silence.
Wagner, après avoir écouté l’interprétation d’Anton Rubinstein, fondateur de l’école russe de piano dira: “Le premier mouvement est la volonté dans sa douleur et son héroïque désir, le second est la volonté apaisée, comme l’homme la possèdera lorsqu’il sera devenu raisonnable”.

 

Rédigé par Marc Maïer